mercredi 22 mai 2013

2043

Parce que pour l'âme notre corps n'est qu'une impression passagère, nous devrions détester l'âme.


2042

Une araignée dans ton sexe, n'a fait qu'une avec mon être.
Je suis le dégout bref, l'injustice qu'on balaie d'un geste sans jamais pouvoir tuer.
Je suis l'inacceptable obligé.


2041

Il est dans le langage un secret, que seuls tes rêves peuvent traduire.

2040

Un cœur bordé d'eau
Traverse le pont
La gorge tendue vers le ciel
Le couteau léger
Quand au sourire du soleil
S'étirent les branches
et l'eau pure caresse les rochers blancs.


2039

Ce que personne ne sait
Ce que personne n'a vu
Ce que tu as vécu
Et ressenti plus loin encore que le monde.




2038

Connais tu le code ?
Pour passer entre les deux caves ?
Jouer aux dés
Le sucre au mariage
La butte en mobylette
où il ne faut pas freiner
Le petit doigt collé
Une leçon de piano
Écrire à l'envers
Le coton sur l'étui à lunettes
Pour cette mouche qui n'a pas de nom

Dans mon rêve
Où nous cachions de petits papiers
J'étais l'enfant à la queue de cheval
Tu étais celui que la femme arbre appelle en premier.



2037

De la dernière ruine de la dernière caserne
Survivait une maison
Emplie de vieux papiers, poèmes abandonnés
La nuit on entendait
S'écrouler les escaliers.


1237

Je me souviens nos courses
Certains jouaient, pas nous
C'est loin hier
Tu ne m'a pas dit que tu étais mort
Tu disais je retrouverai mon père
Il vit à Paris et il est riche
Je sortirai d'ici

Tu es mort
Il n'y a plus rien que je puisse faire pour gagner.

1236

Qui sait du jardin en friche derrière la maison qui s'expriment
Les échos lointains, les cris d'un autre temps
De la chambre des voisins brulait vive
une très vieille sorcière; Alalamembra !

1235

Nous vivons ici ensemble d'héritages cognitifs non maitrisés et de communications inférentielles articulées aléatoirement.

1234

Ta présence trahi le manque et tes questions la seule réponse que tu désires.

1233

Sur mes yeux le rideau descendu d'une fine pellicule de métal
Le clou s'enfonce dans la paume et je reste sans larmes
Mon âme sous la mauvaise laine ne ressent plus le froid
La nuit distribue ses gestes, verts, et mon regard méthane
Se demande quand il passe à travers l'ombre, chez quoi mon amour disparait.

dimanche 19 mai 2013

1232

Tu réclames des secondes
à ne plus être toi
et toute la pièce palpite
de rougeoyantes couleurs.

1231

Un vide ouvert
ou se frottent à l'entrée
nos désirs plus vastes encore
Puis le fond
inatteignable
indifférent
qui s'estompe encore une fois.



1230

L'abandon triomphal
Tes joues au bord du rouge
Les molécules de l'air
dansent le chaos autour de nous.


1229

Je pense la lumière
qui danse sur ton dos
Ton ongle qui s'enfonce
Au creux de ma paume sacrifiée
Le plaisir qui s'envole
d'une blessure vocale.


1228

J'ai pour la nature encore
des fluides salés
Que l'amour embaume
Et dont l’œuf d'éternité s'assoiffe.


1227

Je serai lourd sur toi
Mes cheveux griffant tes pupilles
Mon odeur gagnante
Et le grognement de mon souffle violer tes oreilles.


1226

L'amour est à 7%.

1225

Ainsi
Les amants séparés
Chacun d'un côté des deux rives
Ont regardé durant l'éternité
Venir à eux les barques vides.


samedi 11 mai 2013

1224

Le monde était à tout le monde. Tout de suite j'ai été déçu.

1223

Le silence raisonné des solitudes attend, quand s'imprime sur l'invisible un regard transparent.

1222

Tout caché est précis tel un grain de riz qu'on entoure d'une montagne.

1221

Ton regard a fait sur mon cœur ce grand trou bleu. On dit qu'il y a quelque part, derrière la statue d'une Marie, un morceau de tissu qui rappelle à la vie.

1220

Dans le rêve ou j'appris à recoudre les tiges des fleurs qui s’exhortaient de la fissure des pierres pour reconduire vers l'âme, comme autant de papillons à sauver des dérades.

1219

Perdue la rose à laquelle le verbe fût attaché et dans l'eau limpide descend pensif, un enfant aux yeux violets.

2018

L'enfant ouvre sa main et tout s'envole de l'aube.

2017

et alors les fées se pencheront sur ta tombe.

1216

Tout descendait par le ciel et glissait des sapins vers les fonds rouges, mon œil vibrait des ailes.


1215

Tout est jeu dans cette même âme, ou s’effleurent et se ressentent, les enfants morts et vivants du limon.

1214

Je raccroche mes images, des sons, les odeurs, par de petits bouts de ficelles aux souvenirs du corps. Je soustrais la logique impure, et j’observe parfois l'étrange naissance, la résurrection des sensations libres.


dimanche 5 mai 2013

1213

J'ai vu en dessous de tes hanches ce qui restait sans loi.


1212

Le souvenir des écoles est lisse comme le sexe des petites filles en robes.

1211

Tous les vieux mondes circulent dans l'onde, et plus jamais je ne veux entendre, les écumes anciennes qui remuent la terre. Le chemin qui dit la mort. Regarde, dans l'horizon elle prend l'apparence d'un soleil. Celui ci me fera sourire, jusqu'à ce que je sois déposé dans l'ombre, par ces poignées tenues par des mains de sable.


1210

Par le long des plaines glisse le vent, s'écorchant si peu des couronnes sur les pierres, posées là par des enfants qui n'existent plus.

1209

J'ai rêvé des vies qui n'étaient pas la mienne et ne seront jamais les vôtres. Souvenirs imprimés dans l'air des temps oubliés. D'autres noms, d'autres amours, avec leurs peines, leurs vexations ridicules et des colères à décocher l'horizon.

1208

Puisque nous nous fûmes en ce monde, les vibrisses de l'âme.
Avons nous entendu dans nos rêves, respirer le monde.
Et les vibrations brèves qui disaient nos avenirs.



samedi 4 mai 2013

1207

Remuant des fournaises, ombres et souffre dansaient devant les troupeaux ébahis, le feu pouvait bénir, à jamais la cité comme le plus violent des paradis.



vendredi 3 mai 2013

1206

La brindille cachée derrière la pierre raconte la vie.

1205

A l'heure ravie des pensées sombres, geignent encore exhibant leurs entrailles les enfants monstres, que sous la lune j'attends cramant mon allumette sous l'arbre du mal.

1204

J'attends ma nuit d'ambre et le chemin vers l'arbre venimeux, la femme aveugle aux traits pâles et les branches dans ses cheveux, ullivions de ronces. Mon couteau dans les yeux.

1203

Toujours un idéal pèse de son regard sur toi avec son air de désapprobation pénétrée.

1202

Ne cède jamais, jamais ta parole à ce qui t'as enfanté.


1201

J'écris la lèvre sur les algues dans mon intimité close avec tout autour de moi le sifflement du vent venu des mondes ouverts

1200


1199

J'atteindrai la vie sans mémoire et lointaine tel un orphelin survivant du désert qui regarda brûler les villes.

1198

Vieillis, donne les mots à tes suivants comme aux apporte les briques raisonnables à la ville, puis meurt complaisamment d'un ton neutre en attendant ton nouveau cri.

1197

Donne à nourrir de tes espoirs à l'impérieuse finalité du vide.

1196

Dormeur, trouve l'air. N’obéis qu'aux reflets suspects de la nuit et cherche tout au fond du cauchemar, le pré, l'arbre et sa branche qui se nourrit d'une lumière qui franchit les ténèbres.

1195

Tombe la grêle sur les manuscrits comme sur l'embrasure de la pierre.

1194

La pluie de feu s'abat sur toi comme un rire gras et tu sais de toi la part qui aime.

1193

Aucun noyau primitif au sein des cathédrales.

1192

Dès ton retour tu feras entendre la voix qui prévenait dans le bourdonnement de l'orage.

1191

Sens tu quand tu baises ? Les ombres qui te regardent sans bouger.

1190

Ton imagination montre les rivages et la mer est là pour te noyer, cent mille bras de dieux pâles effleurent ton corps sans jamais l’étreindre, aucune présence humaine ne flotte parmi les ruines pour t'aider à atteindre, l'âme qui t'as engendrée.


jeudi 2 mai 2013

1189

L'avenir commun te demande des actes trop grands pour toi et son épaule est glissante.

1188

Personne ne viendra tuer les adultes qui errent dans ce monde comme on survit dans un orphelinat.

1187

Quand bientôt mort tu auras avec ton ombre d'enfant des conversations très sérieuses.

1186

J'ai su, par l'air hébété des yeux qui transperçaient mon visage brûlé. Assis sur le soleil de l'esprit survivait la chose.

1185

Casser les mots qu'il y avait là bas et rendre le monde paisible.

1184

La raison avec ses bords invisibles et au delà les mondes redoutables ou tout peut convenir.

lundi 29 avril 2013

1183

Je suis allé dans la vie voir les mots que tu m'avais dits et tous y étaient différents.

mardi 23 avril 2013

1179

L'avenir est changé.

1178

absonosrombstre

1177

Je me souviens des expériences idéales où j'ai j'ai fait croire à ma mort qu'elle avait ses entrées.


1176

On désire si loin de soi.
Rien en nous d'assez solide.
La traversée.
Pas d'arrivée.
Le vent nous dissout dans une lande vide.



lundi 22 avril 2013

1175

Il y a parfois dans nos matins, des moments privilégiés où la mesure infime et intime de notre vie nous est rendue.


1174

J'ai observé longtemps ce qui s'était refermé, le temps rentré dans les pierres.

dimanche 21 avril 2013

1173

je sais vos sexes qui battent de sang et suintent dans les plis.


1172

Chaque jour je regarde ton œil qui brille d'une pointe anxieuse sans que tu le saches.

1171

Mon vieux pull gris qui pend comme une draperie laisse encore à croire sous sa surface le torse lisse de ma jeunesse enfuie. J'écris la chambre d'un cœur qui cherche de l'air et creuse depuis la roche profonde ou dort encore un brin d'herbe qui verra derrière la mort les azures futurs.



1170

Je ne peux plus lire comme on va vers des lampes usées et qui ne racontent plus rien que ce monde ci, dans l'illusion des portes qui s'ouvrent sans bruits.


1169

Tout ce qui m’entoure ignore le cauchemar, cette hallucination d'enfant qui survit en moi d'une stabilité minérale.

1168

Je m'apprends de jour à jour à te battre et mon corps et les âmes que tu m'a confié ne seront bientôt plus que des détails qui brûleront sur mon passage.

1167

Enfant je n'ai pas voulu te suivre dans les présages de la mort et j'ai suivi mon propre chemin désobéissant. Je ne serai l'écho de tes cris qui s'élèvent et de mon hallucination. Je n'ai rien à racheter pour nous. Je ne suis pas le fils responsable de mes précédents. Je te hais comme je t'aime entre nous deux uniquement.



samedi 20 avril 2013

1166

Je suis monté par la bute un peu boueuse, le ciel était gris foncé. Son sommet était bouché par un miroir, planté devant moi et qui reflétait mon visage austère comme une cicatrice. J’ai eu peine à me reconnaitre, je ressentais la fissure étrangère, dans la normalité du rêve. J’ai répété et suivi mes gestes, afin de vérifier scrupuleusement. Ce corps m’imitait mal, un léger retard et un zèle excessif. L’humidité dérangeait toutes mes croyances, ce monde ne correspondait en rien à mes souvenirs du paysage cauchemardesque, sec et brûlant auquel j’étais habitué. Le blouson bleu marine me coupait le cou. J’insistai un peu dans l’exercice, bien pressé tout de même à me fondre en ma silhouette de cet autre monde. Elle me paraissait malgré tout bien inquiétante, courroucée. Ses traits tendus et graves semblaient dire « ce n’est pas ce chemin-là, moi je me suis trompé ». Il pleuvait. Rien n’était paisible, le ciel allait se déchirer. L’espace d’une seconde, le reflet s’est révélé dans un geste opposé au mien. D’un pas j’ai voulu m’y fondre, et celui m’a repoussé des deux mains avec la violence d’une animalité pure. J’ai cru l’entendre murmurer dans ma chute « laisse-moi perdu ici ».

1165

Dans le rêve, repoussé par mon double j'ai du redescendre la colline.

1164

Les poètes sont des sexes rabougris sous des jeans délavés qui pressent le bouton rouge au passage piéton.

1163

L'existence, à voir si c'est s'y perdre ou pénétrer vivant le trou.


1162

L'amour est une protection instinctive absolument vaine.

1161

L'amour est une protection instinctive absolument vaine.


1160

Couchée le nez dans la terre soit tu sais ce que tu n'es plus soit tu sais avec quoi tu es.


1159

Couchée le nez dans la terre soit tu sais ce que tu n'es plus soit tu sais avec quoi tu es.

1158

Dans les buissons entre les arbres la surprise du corps dans le sexe ou dans la mort.

vendredi 19 avril 2013

1157

sceau renversé, nuage de pluie et chemin des asphodèles blancs.

mercredi 17 avril 2013

1153

J'ai dans mes rêves une intelligence étrangère.

1152

Chacun dispose de trois soleils (et touche le mur).


1151

Nous aurons soif de nouveaux jours quand nous aurons cessé d'arpenter la nuit.

lundi 15 avril 2013

1150

Aucune silhouette ne vient briser l'horizon plat du temps.

1149

Mon insomnie tirait trop fort sur la nuit jusqu'à la déchirure et dans le ciel je voyais s'ouvrir la fente blanche qui engendrait des mots.


1148

La nuit palpite encore d'une étoile.

1147

La douleur de vivre est une horrible harmonie, que tous les nouveaux songes éteignent.

1146

La vibration des écritures comme sur les murs des fusillés nous donne encore votre présence tendue dans une immobilité étrange.

1145

Le souvenir qui met le vide un soir au milieu des amis, comme les terres, les forêts où l'on a marché, ce palais lourd qui dit combien nous sommes vains.